Green Leaves

Miiri

Décolonisons la pensée.

 
 
  • Kady

Changement climatique - Coup de gueule

Cela me met assez fréquemment hors de moi lorsque je réalise que des personnes qui pourraient être beaucoup plus impliquées dans la lutte contre le changement climatique ne font strictement rien. Pas même trier leurs déchets. Ces personnes n’offrent même pas une portion de leur salaire à des organisations cherchant elles à assister des humains et autres espèces directement affectées par le changement climatique auquel nous contribuons tous. Et oui nous sommes tous responsables, d’une façon ou d’une autre.


Personnellement, je ne pense pourtant pas être particulièrement privilégiée en comparaison avec un.e autre cadre, sans enfant ou autre membre de sa famille à charge, sans handicap intellectuel ou moteur, sans dette faramineuse, sans dépression clinique, [insérez toute autre raison "valable"] etc.


En fait je pense être beaucoup moins privilégiée que la majorité d’entre eux en Europe, étant moi-même qualifiée de « femme de couleur » et par conséquent victime de racisme et de sexisme.


J’ai donc du mal à comprendre pourquoi, en comparaison avec mon entourage, proche et moins proche, je me sens bien plus concernée et inquiète pour le futur de notre planète et de ses habitants.



Les frères Anesu Mupfute (à gauche) et Future Gore se tiennent près de l’endroit où leur maison à été emportée par le cyclone Idai lorsqu’il frappa Coppa dans la vallée de Risitu Chimanimani au Zimbabwe en Mars 2019. Les garçons ont perdu leurs parents dans la tempête. © UNICEF/UN0303179/MUKWAZHI https://www.forbes.com/sites/unicefusa/2019/05/03/deadly-cyclones-are-on-the-rise-and-climate-change-is-to-blame/#5da16ff34cbb

Réduire notre impact sur la planète - juste trier nos déchets par exemple - semble être une de ces tâches « secondaires » auxquelles la majorité des gens ne semble pas s’intéresser. Bien évidemment de plus en plus de personnes commencent à s’intéresser au minimalisme, au véganisme, au zéro déchet et à tous ces styles de vie qui ont pour but – entre autres - de réduire notre empreinte carbone sur la planète. Mais il s’agit encore d’une infime portion de la population des pays riches. Alors oui. Vous avez des emplois du temps très chargés, mes jeunes cadres de 25 à 35 ans sans enfants ni dettes ou handicaps. Je comprends très bien.



La seule chose dont vous avez envie en rentrant chez vous le soir, c’est de vous affaler devant Netflix une bière à la main. Mais cette bière que vous buvez, vous êtes-vous déjà demandés si les employés de l’usine étaient justement payés ? Je suppose que non. Et la voiture dont vous laissez tourner le moteur en attendant le train de votre fiancé.e parce qu’il fait 10 degrés dehors. Vous êtes-vous demandés parfois où vont les gaz qui s’échappent de votre pot d’échappement durant ces 15 minutes où vous ne roulez mêmes pas ?


Vous allez me qualifier de personne qui « n’a pas assez de problèmes » ou qui se « prends trop la tête ». Pardonnez-moi. Je ne me rendais pas compte que la destruction de notre habitat naturel ne devrait pas être une priorité pour tout le monde, et en particulier pour nous, les jeunes actifs. Toutes mes excuses.


Alors je comprends que tout le monde ne puisse pas aider de la même manière. On ne peut pas tous être à la fois végétaliens/végan, zéro déchet et minimalistes en même temps (certaines personnes le sont et je leur tire mon chapeau très bas).


Cependant on peut tous, sans exception, arrêter de manger de la viande tous les Lundis par exemple. On peut également refuser la paille en plastique que le serveur nous propose (je vous promets ça a le même gout sans) et on peut aussi faire du co-voiturage (ça réduit vos dépenses apparemment).


Je ne suis pas en colère même si mon article peut vous faire penser le contraire. Je suis désespérée. Je ne comprends pas que la plupart des personnes dans ma situation ne décident pas (à leur manière) d’aider la planète. Nous n’en avons qu’une. Je ne vous embêterai pas avec des statistiques parce que je sais que vous êtes au courant de la situation actuelle (à part si vous faites partie des personnes qui nient le changement climatique ou que vous êtes resté.e.s isolé.e.s de la société durant toute votre vie – si c’est le cas, pour être totalement honnête avec vous, je vous envie fortement).


Mais du coup je ne comprends pas ce qui vous empêche de faire ces petites actions qui s’additionnent. « Ça ne changera rien », « à quoi ça sert si je suis la/le seul.e à le faire ? ». Des excuses. Pensez-vous que Martin Luther King et Nelson Mandela se sont posés ces questions lorsqu’ils ont décidé de se battre avec leurs communautés contre le racisme dont elles étaient victimes ? Cela ne signifie pas qu’il y a nécessairement moins de racistes qu’avant. Mais ce qui est sûr c’est que leurs actions ont permis aux Noirs d’acquérir des droits fondamentaux dans leurs pays respectifs.


Je ne vous demande pas de passer plus de 20 ans en prison pour sauver la planète, mais de commencer par vous renseigner sur les choix quotidiens que vous pouvez faire. Il y a des styles de vie qui peuvent vous aider – le minimalisme, le véganisme ou le zéro déchet.



Une enfant se frayant un chemin pour se rendre à l’école dans le district de Kurigram dans le nord du Bangladesh durant les inondations d’Août 2016. © UNICEF/UN0286416/AKASH https://www.forbes.com/sites/unicefusa/2019/05/03/deadly-cyclones-are-on-the-rise-and-climate-change-is-to-blame/#5da16ff34cbb

Je ne suis pas une spécialiste de tous ces styles de vie mais j’ai fait beaucoup d’efforts ces deux dernières années, et ai décidé de piocher des actions que je pouvais implémenter sans que cela affecte réellement mon quotidien. Pour être honnête avec vous, ça l’a d’ailleurs amélioré dans bien des domaines. Ma vie est bien plus simple aujourd’hui.

Une autre raison est le fait que, personnellement, je ne pourrai pas me regarder dans un miroir, si un jour je décidais d’avoir des enfants, sans avoir fait mon maximum pour qu’ils aient un futur acceptable.



Je ne me permettrai pas de faire la morale à des personnes qui n’ont aucune idée de comment aider la planète et ses habitants. Je comprends que vous n’ayez jamais entendu parler des conditions de vie des employés d’usines textiles au Bengladesh. Il y a 6 mois, je me trouvais dans la même situation que vous. Je vais vous poser la question suivante : pensez-vous qu’acheter un énième T-shirt, parce qu’il ne coûte presque rien, est vital au point que des employés sous-payés doivent mourir sous les décombres d’usines de production textile au Bangladesh ?


J’espère sincèrement que la réponse est non. Si tel est le cas, voici des actions concrètes pour réduire votre impact :


  • Recoudre vos vêtements au lieu de s’en débarrasser au moindre trou

  • Donner ou revendre les vêtements que vous ne voulez plus porter au lieu de les jeter

  • Achetez des articles de seconde main (associations caritatives, vide greniers)


Il y a deux ans, je ne me rendais pas compte également que mes choix alimentaires n’étaient pas des choix personnels. J’ai donc une autre question pour vous : pensez-vous que pour 2 minutes de plaisir à manger une glace, cela vaut la peine qu’un veau soit séparé de son exclave de mère, et cela quelques heures après sa naissance, pour être ensuite tué pour sa viande ?


J’espère de nouveau que la réponse est également non. Voici quelques actions concrètes pour réduire votre impact :


  • Réduire votre consommation de produits animaux, ou encore mieux, arrêter d’en manger – pourquoi ne pas participer à veganuary?

  • Ne plus acheter de fourrure, cuir, laine et soie (votre porte-monnaie vous dira merci)

  • Si vous la voulez vraiment cette glace jetez un œil ici


Les industries textile et alimentaire ne sont bien évidemment pas les seules à remettre en cause. Mais l’on doit bien commencer quelque part. Je me suis posé toutes ces questions parce que moi aussi je ne savais pas. Ou plutôt ne voulais pas savoir. Et je ne suis en aucun cas parfaite aujourd’hui. Je suis tout simplement beaucoup plus consciente de mes actions et de mes choix désormais.


Si j’ai omis des conditions qui pourraient justifier que des cadres n’ayant pas d’enfants ou autre membre de leur famille à charge, d’handicap moteur ou intellectuel, de dépression clinique - et autre raison justifiant qu’ils ne puissent pas contribuer autant - ne puissent pas faire d’effort pour changer leur style de vie, n’hésitez pas à les ajouter dans les commentaires.

Cela m’aidera peut-être à comprendre car je suis confuse. Totalement confuse. Quand sommes-nous devenus aussi centrés sur nous-mêmes, sans le moindre égard pour cette planète qui nous abrite et nous nourrit ?


Bien évidemment si vous ne saviez pas que tous ces styles de vie pouvaient contribuer à minimiser votre impact sur la planète, ne prenez pas cet article comme une attaque. Je suis simplement perdue. Je ne comprends pas l’espèce à laquelle j’appartiens. Vraiment pas.


De nouveau ce message s’adresse à ces personnes qui comme moi, ont la possibilité d’aider à créer le changement dans notre façon de consommer mais qui ne font rien. Ces personnes qui se trouvent des excuses. Et qui ne font rien.


Dites-moi. Qui y-a-t ’il de plus important que de sauver notre planète ?


J’adorerai lire vos excuses. Pardon. Vos réponses.



https://www.mypostcard.com

Kady


Une Terrienne totalement confuse

6 vues

©2018 by Miiri. Proudly created with Wix.com